LES ANNONCES DU MOMENTINTRIGUE AFRICA OYETOMBOLA

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 rien n'est éternel [Tawlen]

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MessageSujet: rien n'est éternel [Tawlen]   Mer 8 Juin - 18:32


Je m’ennuie à mourir ici. Depuis qu’Ellen m’a proposé de venir habiter chez elle, je suis bien obligée de rester en place pendant qu’elle travaille. Quand je suis dehors, j’ai toujours de quoi faire, je regarde les gens, je cherche des solutions pour trouver de quoi manger, je survis quoi, c’est mon quotidien, je n’ai jamais vraiment connu autre chose alors j’en avais pris mon parti. Mais me retrouver ici, dans cette maison cent fois trop grande pour moi, je tourne en rond comme un lion en cage. Les premiers jours, j’ai découvert la télé, toutes les chaînes aussi nulles les unes que les autres. J’ai mangé, comme deux, peut-être même plus, je me suis pesé dix fois par jour pour voir si j’avais pris 10 grammes, j’ai essayé la moitié de la penderie d’Ellen en prenant soin de tout remettre à sa place, je me suis cassé la gueule 2 fois en essayant ses talons d’ailleurs. Alors ça va bien un jour, deux jours, trois jours, et puis au bout d’un moment, je sens que j’ai besoin d’air. Je farfouille un peu partout pour trouver un jeu de clés. Ellen est partie il y a à peine deux heures, j’ai au moins une bonne dizaines d’heures devant moi. Une fois les bonnes clés trouvées, je quitte la maison en fermant bien comme il faut, je ne voudrais pas qu’elle se fasse cambrioler en mon absence. Vêtue d’un jean à moi et d’un pull à Elle - qu’on se le dise mes fringues sont devenues trop petites depuis que mon ventre a doublé de volume. Ça va vite quand ça veut ces petites bêtes là… Je décide donc de flaner un peu, prendre l’air, respirer.

Je me sens différente. Ma manière de penser, d’agir, de marcher même. Je regarde les gens avec moins de craintes, je suis comme une autre personne. Enfin presque, parce que mes démons pourraient bien revenir d’un instant à l’autre. Mais ne pas imaginer que je vais devoir me trouver un endroit à l’abris du vent pour cette nuit, c’est déjà une victoire en soit. Je marche je ne sais pas où, je ne réfléchis pas et bien vite je retombe sur les traces de ‘ma vie avant Ellen’. Ce squat… « Tawny ? » Je me retourne brusquement en entendant cette voix que je ne reconnais que trop bien. « C’est bien toi ? » Viola vient me sauter dans les bras et en riant je lui dis quand même « Doucement… ». Elle se recule vite et vient soulever mon pull. « Attends attends c’est quoi ça ? Je pars 2 semaines et quand je reviens t’as pris 50 kilos ? » Je passe une main nerveusement dans ma chevelure et rabaisse mon pull, mal à l’aise, avant de soupirer. « C’est compliqué.. » Elle fronce les sourcils. « Attends, t’es enceinte ? » Je soupire à nouveau. « Non j’ai trouvé une planque pour bouffer à l’oeil et j’ai fait que ça pendant 2 semaines non stop du coup j’ai pris 10 kilos. Bien sûr que je suis enceinte t’es conne ou quoi ? » Elle secoue la tête. « Me dis pas que c’est Jo ! » Je fronce les sourcils en regardant mon ‘amie’. « C’est tout ce que ça te fait ? Je t’annonce que je suis enceinte et tu me demandes si c’est Jo le père ? J’en sais rien ok ? J’en sais rien ! Je sais déjà pas ce que je vais faire de ce truc alors savoir qui est le père c’est bien la dernière chose que je veux savoir ! » Elle m’attrape par le bras alors que je voulais m’en aller. « Attends tu vas où ? » « Quelqu’un m’héberge le temps que je mette ce truc au monde. On verra après. Passe le bonjour à Jo pour moi. » Et je m’en vais avant qu’elle ne me retienne à nouveau.

Je décide de rentrer chez Ellen, cette altercation m’a fatiguée, et je crois que les hormones de grossesse n’aident pas non plus à ce que je reste calme. Si d’habitude je suis déjà du genre impulsive, alors là c’est pire. En arrivant devant la maison, je tombe nez à nez avec Don. Mon coeur s’accélère d’un seul coup alors que je sens son regard glisser le long de mon corps. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Il ricane un peu. « Je suis encore chez moi. » « Sur les papiers peut-être, mais t’as pas les clés. Maintenant laisse-moi rentrer. Seule. » J’essaie de lui montrer que j’ai du caractère, que cette fois je ne flancherai pas devant lui, malgré ses grands yeux inquisiteurs. « Qu’est-ce que tu as été raconter à Ellen ? Tu es une belle manipulatrice Tawny. Tu me fais du rentre dedans et après tu vas raconter à qui veut bien que je t’ai violée ? » Je me contracte plus fermement avec l’envie folle de lui coller mon poing à la figure. « Tu m’as laissé le choix peut-être ? Je t’ai dit non plusieurs fois mais tu veux me faire croire que tu n’as pas entendu ? » « Ce gosse, c’est pas le mien j’espère ? » Je secoue la tête. « Autant mourir que de porter ton gamin. » Il s’approche de moi d’un seul coup et saisit ma gorge de ses deux mains avant de me plaquer contre la porte de la maison. « Petite insolente. » « Lâche-moi ou je hurle. » Il finit par me lâcher et je le fusille du regard. « Je sais même pas comment elle a pu tomber amoureuse d’un connard comme toi. Tu me donnes envie de vomir. » « Tu le regretteras Tawny. Crois-moi. » Je tremble presque mais je ne le montrerai pas. Jamais. Il s’éloigne et je m’empresse de rentrer à la maison refermant la porte derrière moi. Je file dans la cuisine et m’accroupis dans un coin, le dos contre la paroi d’un mur, renfermée sur moi-même. Même quand je pensais que ça pourrait aller mieux, la merde me rattrape. C’est quand même dingue.. Je reste là pendant plusieurs heures, les yeux dans le vague, quand j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Je ne bouge pas, même quand Ellen m’appelle. Elle finit par me trouver mais je ne la regarde même pas. Je me suis enfermée dans ma bulle, loin de tout ça.

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mer 8 Juin - 20:21



«Mettez-moi en un comme ça, trois comme ça et… encore trois comme ça. Merci. » Je choisi chacune des pâtisseries françaises qui composeront notre dessert de ce soir. Je sais Tawny particulièrement gourmande et je dois avouer que l’idée de lui faire plaisir me le fait aussi. J’adore la voir dévorer. Je pensais que ça passerait mais non, elle semble en perpétuelle quête d’un peu plus. Un peu plus de tout ce qu’elle voit ou touche.
Je n’ai pas plus de nouvelles de Don que depuis la gifle que je lui ai mise, ça c’était pour le dernier contact physique, ensuite, il me harcèle par téléphone depuis des jours, mais depuis hier, c’est silence radio. Aurait-il compris ? Je le souhaite.

Je presse le pas pour retrouver ma voiture et conduis prudemment jusqu’à chez moi, entre deux coups de fils soit disant urgents. A croire que laisser mon service pour vivre ma propre vie le temps d’une soirée relève d’un goût de fin du monde. Je me plais à dire que je suis Dieu mais il n’en n’est rien, ce n’est rien de plus qu’un petit jeu, une blague potache entre collègues. Nous ne sommes pas plus doués que la nature, elle reprendra toujours ses droits et il faut s’en rappeler pour rester humble, c’est le plus important.
Je claque la portière et sort les pâtisseries que je tiens bien droit. Tawny raffole de ces tartelettes à la fraise ou à la framboise et je lui en prends une dès que j’en ai l’occasion.
En poussant la porte, je remarque que la maison est telle que je l’aurais laissée si personne ne devait y revenir de la journée. Les volets en clé, le silence, le noir complet ou presque. Tawny met sa musique à fond de sa chambre, et ça ne me dérange pas le moins du monde du moment que ça lui fait passer le temps.

« Tawny ? Tawny tu es là ? Je suis passée à la boulangerie pour ce soir ! » J’appelle en direction de sa chambre, aucune réponse. Je fais le tour de la maison avant de finir par la cuisine et d’entendre un soupir plus fort que les autres, qui me fait sursauter. Je suis une grande courageuse, je ne supporte pas les bruits dont je n’identifie pas la provenance, alors que Tawny peut se taper trois films d’horreur avant d’aller se coucher et de dormir comme un bébé ! «Chérie, qu’est-ce-que tu fais là ? » Accroupie à sa hauteur, je passe une main dans ses cheveux, elle vient de se ronger les ongles au sang. « Tawny, réponds-moi, c’est le bébé ? Tu as mal quelque-part ? » Je l’examine rapidement, mais elle reste presque catatonique. « Je dois appeler les flics ? Je dois appeler les flics Tawny ou pas ?! »
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mer 8 Juin - 23:44


Les yeux dans le vague, j’essaie de penser à autre chose, ne pas ressasser. Mais je suis tellement forte pour ça, tellement forte pour penser à ce qu’il ne faut pas penser. Je revois le regard de Don, son dégoût, ses menaces. J’imagine ce qu’il pourrait bien être capable de faire pour me rendre la vie impossible. Après tout, j’ai permis à Ellen d’ouvrir les yeux sur sa qualité d’homme merdique, de mari pourri. Alors je peux presque comprendre qu’il veuille évincer le trouble-fête : moi. « Tawny ? Tawny tu es là ? Je suis passée à la boulangerie pour ce soir ! » Si ça avait été un autre jour, j’aurai bondit, je lui aurait sauter dessus pour lui faire un gros bisou et lui dire merci. Et j’aurai même pu lui faire les yeux doux pour dévorer mon dessert avant même de commencer le dîner. Mais ce soir, je ne réagis même pas. Il lui faut plusieurs minutes pour arriver à me trouver. Mes genoux pliés contre ma poitrine, un bras entouré autour de mes genoux et de mon autre main je me grignote les ongles jusqu’au sang. C’est dégueulas, et ça fait mal. Tant pis. Je n’ai personne à qui plaire après tout. « Chérie, qu’est-ce-que tu fais là ? » Elle s’accroupit à ma hauteur et je garde mes yeux dans le vide pendant qu’elle passe sa main dans mes cheveux et retire mes doigts de ma bouche. Les muscles de ma mâchoire bougent tout seul et ma respiration n’est pas régulière. « Tawny, réponds-moi, c’est le bébé ? Tu as mal quelque-part ? » Elle essaie de me faire bouger, prend ma température de sa main sur mon font, prend même mon pouls. Je sais ce qu’elle imagine, que j’ai pris de la drogue ou quelque chose comme ça. Elle regarde même si mes pupilles sont dilatées mais je la pousse un peu, fronçant les sourcils. « Je dois appeler les flics ? Je dois appeler les flics Tawny ou pas ?! » Cette fois, je la regarde avec mon plus beau regard noir. « Mais tu veux pas me lâcher un peu ? » Je me lève du mieux que je peux mais ma tête tourne et je suis obligée de m’appuyer sur le plan de travail à côté de moi. « Qu’est-ce que tu crois ? Que juste parce que j’ai un toit au dessus de la tête tout va bien dans le meilleur des mondes ? Mais merde Ellen ! Je suis toute seule toute la journée, j’ai que ça a foutre de penser, de penser à ce gamin qui va naître avec absolument rien. Regarde-moi, j’ai l’air d’une baleine, je peux accoucher demain et je suis là toute seule dans cette baraque où je tourne en rond pendant des heures ! » Je passe mes mains nerveusement dans mes cheveux et fais des allers-retour sous le regard d’Ellen. « Je m’en tape de tes putain de gâteaux. J’suis pas une oie qu’on gave ! Merde ! » Je ne sais pas exactement ce qu’il se passe mais j’ai besoin de crier, de râler, de sortir tout ce qui me tape sur le système. Avant, je pouvais m’énerver sur tout le monde et n’importe qui. Aujourd’hui, je suis seule avec Ellen et malheureusement pour elle, il fallait bien que ça tombe sur quelqu’un. « J’en ai marre putain ! J’en ai marre de jamais pouvoir être tranquille ! » Dans un mouvement brusque et sous le coup de la colère, j’envoie valser le saladier en verre qui contenait des fruits. Il se brise sur le sol dans un bruit de fracas désagréable. Je n’ai pas envie de lui parler de Don qui est passé tout à l’heure. Je ne sais pas pourquoi. « J’en veux pas ! J’en veux pas de ce gosse t’entends ? » La panique sûrement. « J’ai pas envie d’accoucher, j’ai pas envie qu’il soit là, je voulais pas que ça change. Je faisais chier personne dans mon petit coin ! Fait chier merde ! » Je me tourne dos à elle et frappe de mon poing sur le plan de travail. Je tremble de nerfs, j’ai chaud, j’ai faim, j’ai envie de vomir, je suis épuisée, énervée, à bout de nerfs. Et une contraction. « Ah…. putain… » Bien fait pour ta gueule Tawny. Ça c’est le petit qui se venge de tout ce que je viens de dire sur lui. Bâtard. Je me plie en deux, une main sur mon ventre et les yeux fermés, crispés. J’ai mal.

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Jeu 9 Juin - 14:30



« Mais tu veux pas me lâcher un peu ? » Le ton est donné, elle pète clairement un plomb. Je me suis étonnée que ça n’arrive pas plus tôt étant donné les hormones et son caractère difficile à gérer, sa liberté acquise depuis si longtemps, devoir rester entre quatre murs ne convient pas à tout le monde, et le simple fait d’avoir un toit ne peut pas suffire à combler tous les besoins. Sa liberté est sans prix, elle préfèrerait tout abandonner que d’y renoncer, et il va lui falloir du temps pour retrouver un équilibre. « Qu’est-ce que tu crois ? Que juste parce que j’ai un toit au-dessus de la tête tout va bien dans le meilleur des mondes ? Mais merde Ellen ! Je suis toute seule toute la journée, j’ai que ça a foutre de penser, de penser à ce gamin qui va naître avec absolument rien. Regarde-moi, j’ai l’air d’une baleine, je peux accoucher demain et je suis là toute seule dans cette baraque où je tourne en rond pendant des heures ! » Elle a raison dans le fon, mais je ne peux décemment pas abandonner mon boulot et mes patients parce que j’ai peur qu’elle ne trouve le temps long. Je ne lui interdis pas de sortir, mais pas trop loin, histoire de pouvoir intervenir en cas de besoin. Elle est sur le point d’accoucher et pourrait le faire d’un jour à l’autre, elle ne s’en soucie pas, elle n’a pas les mêmes pensées.

« J’en ai marre putain ! J’en ai marre de jamais pouvoir être tranquille ! » «Qu’est-ce qu’il te manque Tawny ? Dans le monde des adultes on parle de ses problèmes quand on veut les résoudre. C’est pas en tapant une crise que ça changera quoi que ce soit alors tu t’exprimes de façon utile. Et tu respires. » Elle va nous faire un malaise ou un travail avancé, ce n’est pas le moment. « J’en veux pas ! J’en veux pas de ce gosse t’entends ? » Voilà le fond du problème, je ne fais pas cas du saladier qui s’éclate par terre, on verra ça en temps voulu, et je me concentre sur elle, posant mes mains sur ses chevilles pour l’empêcher de bouger et de finir par se faire mal. « Tu paniques, simplement, que tu n’en veuilles pas te reviens de droit, mais tu as un devoir moral envers cet enfant, le porter, le plus longtemps possible. Lui n’a rien demandé, pas plus que toi, sauf que toi, tu avais le choix de te protéger ou non. » C’est dur, mais c’est ainsi, et si je dois la blesser pour la faire réagir et lui faire prendre conscience que les choses ne peuvent pas couler de source, ni même aller dans son sens et être pardonnées comme on pardonne à un enfant qui aurait piqué un gâteau dans la boite avant le dîner. C’est un enfant, une vie, un être. « J’ai pas envie d’accoucher, j’ai pas envie qu’il soit là, je voulais pas que ça change. Je faisais chier personne dans mon petit coin ! Fait chier merde ! » « Je sais tout ça chérie, mais tu n’as plus le choix, ce bébé viendra, et tu en seras même très heureuse. C’est un enfant Tawny, c’est une nouvelle chance. »

« Ah…. putain… » « C’est quoi, une contraction ? Tu en as eu d’autre durant la journée ? » Je la fais lever, et allonger sur le canapé. Je mouille un torchon pour le poser sur son front brûlant, elle s’énerve, sa tension monte, et je ne serais pas surprise que le bébé en souffre. En posant une main sur son ventre, je cherche à sentir sa présence, sentir le moindre mouvement. Il s’agite, c’est une bonne chose. «C’est la première contraction que tu sens ? Tu as des nausées ? » Coussin sous les genoux pour surélever ses jambes, je la somme de se calmer. « Tu gueuleras autant que tu veux après, mais je dois savoir si tu es allergique à quelque-chose. C’est important pour le bébé et pour toi. Je veux que tu te calmes… » M’acharnais-je à lui apprendre en caressant ses cheveux pour tenter d’obtenir un résultat.
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Ven 10 Juin - 11:22


Je sors de mes gonds, je crois que ma journée a été plus pourrie que ces dernières semaines et rien que pour ça, j’ai besoin d’extérioriser. La colère est le seul sentiment que je maîtrise à la perfection. Ou pas. Toujours est-il que c’est le seul que je laisse sortir comme bon lui semble, et parfois, ça fait du bien. « Qu’est-ce qu’il te manque Tawny ? Dans le monde des adultes on parle de ses problèmes quand on veut les résoudre. C’est pas en tapant une crise que ça changera quoi que ce soit alors tu t’exprimes de façon utile. Et tu respires. » Je la fusille du regard. « Mais je t’emmerde ! Et j’emmerde tous les adultes ! J’suis un gosse et j’en ai rien à foutre de ce que vous pensez tous ! J’ai pas envie d’être une adulte, j’ai pas envie de devenir comme vous tous ! Vous me dégoûtez ! » Je ne parle pas forcément d’Ellen même si malgré moi je la mets dans le même panier. De toute manière quand je suis en colère comme ça et que je tape une crise, j’en veux à la terre entière. C’est comme ça. Elle devra subir, et puis quand je serai partie, elle pourra souffler un peu de ne plus m’avoir dans ses pattes. Je suis sûre qu’elle regrette de m’avoir proposé de m’héberger. Je ne suis pas un animal qu’on met en cage, merde ! Je lui avoue quand même le fond du problème, ce gamin. J’en veux pas. Au moins les choses sont claires. « Tu paniques, simplement, que tu n’en veuilles pas te reviens de droit, mais tu as un devoir moral envers cet enfant, le porter, le plus longtemps possible. Lui n’a rien demandé, pas plus que toi, sauf que toi, tu avais le choix de te protéger ou non. » Je la regarde avec un air dégoûté et secoue la tête. « Mais pour qui tu te prends pour me juger comme ça ? Tu crois quoi ? Que j’ai assez de thunes pour aller m’acheter des capotes ? Et même si c’était le cas, tous les mecs qui me sont passés dessus, j’avais rien demandé non plus ! J’aime pas les mecs, ils croient tous que le corps des filles leur appartient, ils en ont rien à foutre, c’est tous des connards. Et le père de ce gosse aussi ! ». Je ne sais même pas pourquoi je lui raconte tout ça, c’est ridicule. Je voudrais juste être une souris, aller me terrer au fond d’un trou et ne jamais en sortir. Etre tranquille, seule, sans tous ces gens qui me font chier ou qui essaient de me donner des leçons de vie.

Je lui dis que je n’ai pas envie d’accoucher, j’en peux plus, je suis à bout de nerfs. « Je sais tout ça chérie, mais tu n’as plus le choix, ce bébé viendra, et tu en seras même très heureuse. C’est un enfant Tawny, c’est une nouvelle chance. » Je secoue la tête avec une envie folle de pleurer. Je veux pas de ce bébé, je veux pas d’une nouvelle chance, j’ai peur. Et puis soudain, une douleur violente dans mon ventre. « C’est quoi, une contraction ? Tu en as eu d’autre durant la journée ? » Je secoue la tête encore, mes mains sur mon ventre parce que ça fait trop mal. « Nan… j’t’en supplie Ellen faut que ça s’arrête… » Elle m’aide à me diriger jusqu’au canapé et je me crispe dans tous les sens, genoux relevés, je m’agite, j’ai chaud, j’ai mal, je pleure. Je viens poser mes mains sur mon front, mes yeux, j’ai envie de vomir. « C’est la première contraction que tu sens ? Tu as des nausées ? » Je souffle pour essayer de me calmer un peu mais j’ai vraiment du mal. « C’est la même chose que quand je suis arrivée à l’hôpital, mais en pire. Et j’ai envie de vomir… » Elle fout un coussin sous mes genoux et je la laisse faire alors qu’elle essaie de me calmer par tous les moyens. « Tu gueuleras autant que tu veux après, mais je dois savoir si tu es allergique à quelque-chose. C’est important pour le bébé et pour toi. Je veux que tu te calmes… » « Mais j’en sais rien putain comment tu veux que j’le sache ! » Je continue de pleurer, de douleur, de rage, et finalement ses les caresses d’Ellen dans mes cheveux qui me calment doucement. La douleur se calme légèrement et Ellen pose à nouveau sa main sur mon ventre, je la laisse faire, et soudain je sens que ça bouge. Je me redresse un peu, regardant mon ventre avec des yeux ronds. « Il a bougé là non ? Pourquoi il bouge ? Il veut déjà sortir ? » Je regarde Ellen un peu paniquée et repose mon regard sur mon ventre. « Je l’ai jamais senti bouger, pourquoi c’est quand tu mets ta main toi ? » Je pose à mon tour ma main dessus alors que je me redresse sur mon coude. Rien ne bouge. « Remets-là. » Je viens chercher sa main pour la poser sur mon ventre et le bébé se remet à bouger. « Je crois qu’il t’aime déjà. » Je la regarde et lui offre un petit sourire. « Tu crois qu’il sent que tu l’aimes plus que moi ? »

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Ven 10 Juin - 13:21



« Mais je t’emmerde ! Et j’emmerde tous les adultes ! J’suis un gosse et j’en ai rien à foutre de ce que vous pensez tous ! J’ai pas envie d’être une adulte, j’ai pas envie de devenir comme vous tous ! Vous me dégoûtez ! » Dieu merci je ne suis pas susceptible. Je m’occupe des bébés, je n’ai pas vraiment l’habitude d’avoir à faire à ce genre de numéro. Pas avec mes patients en tout cas. En général ils sont plus dans la magie de la maternité que dans la violence. Mais on s’adapte à tout et je dois m’adapter à Tawny parce que précisément maintenant, elle a besoin de moi plus que de n’importe qui d’autre. Qui soit disponible j’entends. Elle aurait besoin de ses parents, d’un soutient plus important que le mien, mais il n’y a que moi. Je ne suis pas que son médecin, je suis un peu plus que ça, et j’aime m’en vanter, quelque-part.

« Mais pour qui tu te prends pour me juger comme ça ? Tu crois quoi ? Que j’ai assez de thunes pour aller m’acheter des capotes ? Et même si c’était le cas, tous les mecs qui me sont passés dessus, j’avais rien demandé non plus ! J’aime pas les mecs, ils croient tous que le corps des filles leur appartient, ils en ont rien à foutre, c’est tous des connards. Et le père de ce gosse aussi ! » Ca, c’est un tout autre discours, je ne comprends pas pourquoi elle s’inflige ça, elle ne se prostitue pas, alors pourquoi se l’infliger ? « Tawny, il n’y a que toi qui peut décider de ce que tu fais de ton corps. Si tu n’aimes pas les hommes alors ne les laisse pas te toucher. Et ils ne sont pas tous comme ça, il existe des hommes bien. Tu n’as simplement pas rencontré les bons. Et oui, le père de ce gosse est sans doute un connard mais il n’a rien demandé là non plus. » Alors elle assume, je sais qu’elle ne devrait pas être seule à le faire mais elle perdrait plus d’énergie à le haïr et à déblatérer sur les hommes qu’à régler le problème en lui-même en acceptant la situation. Elle n’est pas seule, je suis là, mais pour l’heure, elle a juste besoin d’exploser comme il se doit.

« Nan… j’t’en supplie Ellen faut que ça s’arrête… » Je lui prodigue les soins qu’il faut, tout du moins tente de calmer son angoisse, car la douleur est bien réelle mais l’angoisse est d’autant plus certaine. Paniquer ne changera rien à la situation mais son état risque d’empirer et il m’appartient de gérer la crise. « C’est la même chose que quand je suis arrivée à l’hôpital, mais en pire. Et j’ai envie de vomir… » Super, le travail est peut-être déjà en train de commencer. « Il faut que tu fasses le moins d’effort possible Tawny. Pour le bébé. » Je sais que rester alité peut rendre complètement dingue, mais c’est un besoin, parce que son accouchement risque d’être imminent et elle n’est pas prête, elle ne le sera sans doute jamais mais quelques semaines ne pourront pas lui faire de mal. Ni à elle, ni au bébé

« Il a bougé là non ? Pourquoi il bouge ? Il veut déjà sortir ? » « J’espère que non… » Finissant mon examen en palpant son ventre. « Je l’ai jamais senti bouger, pourquoi c’est quand tu mets ta main toi ? » « [color=#ff9900]C’est un hasard Tawny, c’est tout. » Je ne tiens pas à ce qu’elle pense que j’ai plus de pouvoirs que ceux d’un médecin. Elle est très crédule et se met parfois des idées en tête totalement incongrues. « Remets-là. » A sa demande, je repose ma main sur son ventre et le sens effectivement bouger, ce qui me fait sourire et j’essaye de le rendre contagieux pour elle. « Je crois qu’il t’aime déjà. Tu crois qu’il sent que tu l’aimes plus que moi ? » C’est typiquement une réflexion enfantine comme en est capable Tawny sans même s’en rendre compte. « Je ne l’aime pas plus que toi ma puce, tout simplement parce que tu es sa mère. Tu l’ignores encore mais tu l’aimes bien plus que tu ne veux bien le dire. Tu t’en rendras compte. Tu veux déjà le meilleur pour lui, c’est une sacré preuve d’amour ça, non ? » Reposant ma main sur son ventre en prenant la sienne pour la poser sous la mienne. « Tu l’as senti ? » Je souris, malgré moi, comme une enfant devant un miracle. Pourtant je vois ça tous les jours, mais c’est différent, c’est celui de Tawny, c’est un bébé à part entière. « Fait glisser ta main le long de ton ventre, il va te suivre, essaye » Et effectivement, après tentative, le pied du bébé cherche le contact de sa main, c’est presque magique. « Tu as réfléchi à un prénom ? Ou si tu voulais l’allaiter ? » Ce sont des questions qui paraissent un peu pressantes mais je pressens qu’elle pourrait accoucher d’un moment à l’autre, visiblement, ce petit bout est aussi imprévisible qu’elle.
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Ven 10 Juin - 18:28


Je ne suis pas tendre avec elle, je ne m’en rends pas vraiment compte à vrai dire, les mots sortent de ma bouche sans même que je ne les réfléchisse, et pire, sans même que je ne les pense. J’ai besoin d’extérioriser certaines choses et manque de bol, elle est la seule dans mon entourage en ce moment, et donc la seule à qui je peux envoyer ma rage à la figure. « Tawny, il n’y a que toi qui peut décider de ce que tu fais de ton corps. Si tu n’aimes pas les hommes alors ne les laisse pas te toucher. Et ils ne sont pas tous comme ça, il existe des hommes bien. Tu n’as simplement pas rencontré les bons. Et oui, le père de ce gosse est sans doute un connard mais il n’a rien demandé là non plus. » Je sais qu’au fond elle n’a pas tord, j’aurai pu les en empêcher, mais on m’a toujours appris que mon corps n’avait aucune valeur, qu’il ne servait à rien d’autre qu’à laisser les hommes s’amuser et en faire ce qu’ils voulaient. On ne m’a jamais appris le bien et le mal, je ne sais pas, je ne suis pas éduquée. Alors comment je pourrais savoir comment me comporter avec eux. Avec les filles au moins, c’est plus facile, et j’y prends plus de plaisir surtout. Enfin bref, là n’est pas la question. Je n’ai pas vraiment le temps de déblatérer plus que ça puisque j’ai ce que Ellen appelle une contraction. Je ne savais pas ce que c’était réellement, même si visiblement ce n’est pas la première. Et ça fait mal putain ! Je la supplie de faire quelque chose pour me calmer, je souffre le martyr et je n’ose même pas imaginer quand je vais devoir faire sortir ce truc de mon ventre.

« Il faut que tu fasses le moins d’effort possible Tawny. Pour le bébé » Je pleure comme une gamine qui vient de s’écorcher le genou, mais j’ai vraiment mal. Et le fait qu’elle me dise que je vais devoir faire attention, c’est pire. Je ne suis pas une fille qui reste là à rien faire. Mais Ellen a l’air de dire que je n’ai pas tellement le choix, pour le bien du bébé que je porte. Je ne lui veux pas de mal, je ne voulais pas qu’il soit là, mais je ne veux pas non plus qu’il lui arrive quelque chose, j’ai un coeur quand même, ho ! Je lui demande si le bébé compte sortir, ce à quoi elle me répond qu’elle n’espère pas. Clairement, moi non plus ! Je remarque que le bébé bouge quand elle pose sa main sur moi et je ne sais pas si ça m’inquiète ou me rend heureuse. C’est le branle-bas de combat dans ma tête. « C’est un hasard Tawny, c’est tout. ». Je lui demande de la remettre et le bébé se remet à bouger. « Je ne l’aime pas plus que toi ma puce, tout simplement parce que tu es sa mère. Tu l’ignores encore mais tu l’aimes bien plus que tu ne veux bien le dire. Tu t’en rendras compte. Tu veux déjà le meilleur pour lui, c’est une sacré preuve d’amour ça, non ? » Je la regarde, ne sachant pas trop quoi penser de ce qu’elle vient de me dire. Il est clair que je ne ressens pas réellement d’amour pour lui, je ne sais pas ce que ça veut dire aimer quelqu’un de toute manière, comment je pourrai aimer un bébé sous prétexte qu’il grandit en moi. Je ne me sens pas liée à lui plus que le fait que je sois porteuse. Voilà. Je me sens juste comme un truc dans lequel on a mis un autre truc. Rien de plus. Elllen vient prendre ma main pour la poser sur mon ventre, sous la sienne et me demande si je l’ai senti. Je hoche la tête vivement. « Fait glisser ta main le long de ton ventre, il va te suivre, essaye » Comme une enfant qui aurait trouvé un nouveau jeu, avec la soif d’apprendre, de nouveauté, et ma curiosité chronique, je fais glisser ma main sur mon ventre rond. Je peux sentir les petits coups de pieds du bébé qui suit ma main. Je ris comme une idiote et essuie mes larmes d’un revers de manche. « Tu as réfléchi à un prénom ? Ou si tu voulais l’allaiter ? » Je tourne la tête vers Ellen, gardant ma main sur mon ventre sous les petits coups du bébé. « Allaiter ? » Je secoue la tête. « Non… Je veux pas le garder Ellen. Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse. J’ai pas de maison, pas de boulot, il aura pas de père, et une mère qui a 12 ans d’âge mental. Je sais à peine lire et à peine écrire, je pourrai lui offrir quoi ? De l’amour ? Ça suffit pas, tu le sais aussi bien que moi… » Je quitte son regard pour le poser sur mon ventre et je joue de ma main aux endroits où il frappe de temps en temps. « Il sera plus heureux avec une vraie famille qui pourra lui donner tout ce que moi je ne peux pas. C’est plus sage. C’est ce que j’ai de mieux à faire. » Je ne sais pas trop comment ça se passe dans ces moments là, mais c’est ce que je veux. Ma décision est prise. Je soupire un peu et baille. Je crois que cet épisode m’a épuisée. Sous les câlins d’Ellen je finis par m’endormir en quelques minutes à peine.

C’est en plein milieu de la nuit que je me réveille, toujours sur le canapé, avec un plaid. Je soupire un peu et me lève pour aller faire pipi. Je fais que pisser en ce moment c’est dingue. Je pensais pas qu’être enceinte faisait pisser plus que de raison. Je me déplace difficilement jusqu’à l’étage pour aller aux toilettes, bien décidée à retourner dans une lit une fois fait. Mais sur le chemin, je sens quelque chose de bizarre couler entre mes jambes. Je baisse la tête en fronçant les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce qui m’arrive. Je panique rapidement « Ellen ! » Je ne hurle pas mais on sent la panique dans ma voix. Je suffoque et relève la tête quand je vois Ellen sortir de sa chambre en quatrième vitesse. « Qu’est-ce qui se passe ? C’est quoi ? » Et une nouvelle contraction qui me fait me plier en deux, accroupie par terre. « Me dis pas que c’est maintenant, je veux pas, je veux pas !!! »

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Ven 10 Juin - 23:16



Je la vois petit à petit apprivoiser son nouveau rôle, si ce n’est pas celui de mère, c’est au moins celui de complice. J’ignore quel choix elle fera une fois qu’elle l’aura tenu dans ses bras, mais je soupçonne chez elle bien plus de force qu’elle ne veut bien le dire. Ce n’est pas qu’une gamine irresponsable, c’est une gamine qui a peur et qui a surtout besoin d’aide. Je peux être cette aide, mais le choix final lui reviendra de droit et je n’aurais aucun droit de juger. « Allaiter ? Non… Je veux pas le garder Ellen. Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse. J’ai pas de maison, pas de boulot, il aura pas de père, et une mère qui a 12 ans d’âge mental. Je sais à peine lire et à peine écrire, je pourrai lui offrir quoi ? De l’amour ? Ça suffit pas, tu le sais aussi bien que moi… » « D’accord, mais si tu avais tout ça ma puce ? Tu n’en n’as pas envie ou tu ne penses pas ça possible ? » Je lui demande son avis, son ressentiment, et non pas de réfléchir avec sa tête, plutôt avec son cœur, pour une fois… Son souci n’est pas de ne pas réfléchir, c’est surtout de faire les mauvais choix. « Il sera plus heureux avec une vraie famille qui pourra lui donner tout ce que moi je ne peux pas. C’est plus sage. C’est ce que j’ai de mieux à faire. » «Personne ne pourra choisir pour toi ma belle, c’est à toi que ça revient. Mais tu as quelques semaines pour le faire, après sa naissance, j’entends… » Je pense qu’on ne peut pas planifier tant qu’elle ne l’a pas vu. Son bébé sera peut-être une révélation, pas que je souhaite qu’elle le garde plus qu’autre chose, mais j’ai peur qu’elle finisse par créer un vide en elle que jamais rien ne comblera, et elle n’a pas besoin de ça.

Elle s’est endormie très rapidement et je suis montée me coucher à sa suite. Les tartelettes au frigo, je me suis ensuite couchée avec un verre de vin rouge. C’est mal, je sais. « Ellen ! » Profondément endormie, les hurlements de Tawny me réveillent et mon réflexe de médecin se met automatiquement en branle. Je me lève comme si j’étais éveillée depuis des heures et me presse à ses côtés. « Qu’est-ce qui se passe ? C’est quoi ? » « [color=#ff9900]Du liquide amniotique, merde… » Réflexion personnelle mais ça n’augure rien de bon. Elle ne peut pas accoucher maintenant, il y a à peine quelques heures, on parlait simplement de rester aliter pour préserver le bébé. « Me dis pas que c’est maintenant, je veux pas, je veux pas !!! » « Si, c’est maintenant chérie, alors tu respires et tu t’assieds. J’appelle une ambulance. » Calme comme je parais, on dirait que tout va se passer aussi bien que je le dis, mais il en est tout autre, je préserve simplement le calme qu’il me reste.

L’ambulance nous emmène à l’hôpital et je la fais monter sur un brancard à notre arrivée. « Tout va bien se passer ma puce, tu dois rester le plus calme possible, d’accord ? » Je la fais placer en salle d’accouchement et la fait monitorer, surveillant les constantes de ma petite protégée, comme de celles du bébé. « Je ne vais pas pouvoir retarder l’accouchement, la poche des eaux est rompue Tawny, tu vas devoir m’aider pour que ça se passe au mieux, d’accord ? Ca va aller. Regarde-moi, ça va aller… Tu peux le faire. Tu n’as pas le choix. »
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Sam 11 Juin - 0:25


« D’accord, mais si tu avais tout ça ma puce ? Tu n’en n’as pas envie ou tu ne penses pas ça possible ? » Je la regarde un instant, douteuse de la réponse que je pourrai lui donner. « Bien sûr que j’en ai envie. » Je suis juste morte de trouille. Après tout, le changement ça n’a jamais été de tout repos pour personne, qu’il soit bon ou mauvais. Et moi, malgré mes grands airs de fille forte, aventurière, guerrière, et ben je suis un vrai petit bébé qui a peur d’un tas de trucs. Le noir par exemple. C’est con, mais le fait de dormir dans la rue, je ne connais pas l’obscurité totale, et je ne la supporte pas. « Personne ne pourra choisir pour toi ma belle, c’est à toi que ça revient. Mais tu as quelques semaines pour le faire, après sa naissance, j’entends… » Je hoche à peine la tête. Pour le moment, ma décision semble être prise. Je ne sais pas exactement comment je réagirai une fois qu’il sera sorti, qu’ils me le montreront. Peut-être que j’aurai envie de m’en séparer, peut-être pas, je n’en sais rien. Personne ne peut savoir. Mais je ne me sens pas mère, je ne vois pas comment je pourrai m’occuper d’un gamin alors que je ne sais même pas faire cuire des pâtes. Alors les biberons à heures régulière, les couches et tout ça, c’est même pas imaginable… Je préfère encore me laisser aller dans les bras de Morphée pour éviter de trop penser. C’est plus sage.

Lorsque je sens ce liquide couler le long de mes jambes, je sens que ça n’annonce rien de bon, et je me mets à paniquer rapidement, appelant Ellen à l’aide. Lorsqu’elle arrive, je lui demande ce que c’est. « Du liquide amniotique, merde… » Je la regarde, encore plus paniquée, je ne comprends rien. C’est quoi du liquide machin là ? Ça veut dire quoi putain ? J’essaie de savoir, mais je lui dis surtout que je ne veux pas que ce soit maintenant. J’ai peur. « Si, c’est maintenant chérie, alors tu respires et tu t’assieds. J’appelle une ambulance. » Je fais tout ce qu’elle me dit de faire pour une fois, je m’assieds par terre contre le mur et j’essaie de respirer calmement mais je panique et me mets à pleurer sous la pression que je peux sentir dans mon ventre. Mes jambes sont engourdies et je sens ma tête qui tourne. Je ferme les yeux, mes mains sur mon ventre, et je souffle comme je peux. Je n’ai pas pris de cours d’accouchement, je ne sais pas ce que dois faire, et je cède bien trop vite à la panique.

L’ambulance arrive et ils me mettent sur un brancard. Le long du trajet, je serre la main d’Ellen chaque fois un peu plus fort à chaque nouvelle contraction, la douleur est atroce, je n’ose même pas imaginer quand je vais devoir le faire sortir de là. Putain je déteste ma vie. « Tout va bien se passer ma puce, tu dois rester le plus calme possible, d’accord ? » Je continue de pleurer, parce que j’ai mal, parce que j’ai peur. Une fois sur place, ils me mettent plein de trucs pour vérifier sûrement que tout va bien, et que le bébé aussi. Mais chaque fois qu’Ellen s’éloigne, la panique s’intensifie. Et lorsqu’elle revient j’attrape sa main pour la serrer comme pour lui faire comprendre que je ne veux absolument pas qu’elle reste loin de moi. « Je ne vais pas pouvoir retarder l’accouchement, la poche des eaux est rompue Tawny, tu vas devoir m’aider pour que ça se passe au mieux, d’accord ? Ca va aller. Regarde-moi, ça va aller… Tu peux le faire. Tu n’as pas le choix. » Je me remets à pleurer à chaudes larmes tellement la panique et l’angoisse ont pris possession de moi. « J’ai peur… » Je ferme les yeux fortement et je la sens se pencher au dessus de moi pour me prendre dans ses bras. Je me calme instantanément en sentant son parfum, en sentant sa présente au plus près de moi. « Tu me laisses pas, promets-moi que tu me laisses pas. » J’ai cru comprendre que c’est elle qui allait faire sortir le bébé, et que donc je ne pourrai pas serrer sa main. Une nouvelle contraction la fait s’agiter et après un rapide baiser sur mon front, elle s’éloigne, alors que je viens empoigner fermement les barreaux di ‘lit’. La dame en habit vert près de moi me demande respirer et me montre comment faire. J’essaie mais je perds patience, la douleur est trop forte, mais je sais que je ne peux pas me laisser aller et tomber dans les pommes aussi facilement que j’en ai l’habitude. Si je fais ça, il pourrait y avoir des complications. Et à l’heure qu’il est, je veux juste que le bébé sorte et que j’en sois débarrassée. Alors je me concentre sur la voix d’Ellen qui continue de me rassurer. Sa voix est calme, posée, et je ferme les yeux pour continuer de l’écouter et ne me focaliser que pour ça pour essayer d’oublier la douleur. Je fais tout ce qu’elle me dit. Je respire quand elle me dit de respirer, et je pousse quand elle me dit de pousser. J’ai l’impression que mon cerveau se court-circuite, je ne reprends conscience réellement de ce qui se passe qu’une fois que c’est terminé, comme si mon cerveau voulait occulter la douleur trop prononcée. Quand je réouvre les yeux, Ellen tient le bébé entre ses mains, il est dégueulasse et ça me donne envie de vomir. D’un regard, elle me demande si je veux l’avoir et je secoue la tête, la laissant le donner à la dame qui était près de moi tout à l’heure. Ellen s’approche finalement de moi alors que j’essaie tant bien que mal de reprendre mes esprits et ma respiration. Je suis en nage et je ne sens plus tout le bas de mon corps. J’ai l’impression d’être passée sous un camion. Je viens l’entourer faiblement de mes bras et lui demande juste dans un souffle. « Dis-moi juste qu’il va bien. »

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Sam 11 Juin - 14:21



« J’ai peur… » Qui n’aurait pas peur dans un moment pareil ? JE ne connais pas une seule future mère qui prendrait la chose avec philosophie, sans s’inquiéter de quoi que ce soit. La peur que le bébé ne soit pas en bonne santé, de ne pas être une bonne mère, de ne pas être à la hauteur, de la douleur, des complications, du futur, autant de facteurs pour inquiéter un futur parent, et je dois dire que Tawny les collectionne. Tous la concernent, et elle fait preuve d’un courage admirable. A moins que le courage nécessite d’avoir le choix, encore une question sans fin. Je peux lire dans ses yeux sont hésitation profonde, tout ce qui peut lui passer par la tête et les supplications dont elle fait preuve, à mon égard. Grosse responsabilité que voilà. Encore une fois il m’appartient de jouer mon rôle jusqu’au bout pour elle. Elle en a besoin. Qui d’autre la soutiendrait ? Serait là pour elle ? Elle n’est même pas censée savoir qui est le père. Tout dans sa vie porte à croire que ce bébé n’aura rien pour être heureux avec elle, et pourtant une intuition sourde… « Tu me laisses pas, promets-moi que tu me laisses pas. » « Je suis là chérie, tout près. » Embrassant son front en caressant ses cheveux avant de reprendre mon rôle de médecin obstétrique et de la mettre en position. Toute mon équipe prête main-forte, comme une routine, sauf que cette fois-ci, ça n’en n’est pas une. Tawny est le genre de personne que je ne devrais pas accoucher, même si je veux que les choses se passent selon mes propres décisions, pour en obtenir le meilleur, il y a forcément conflit d’intérêt.

« Je vais avoir besoin de toi ma puce sur ce coup là. » Elle pousse quand je le lui demande, arrête quand il faut, la péridurale commence à faire effet et c’est franchement tant mieux. Je ne me serais pas vue l’accoucher sans anesthésie, elle n’aurait sans doute pas plus supporté qu’une crise de manque, elle est encore très fragile, malgré ce que je peux penser, et je veille à ce que tout se passe pour le mieux. « Il est là, il arrive ma puce, un dernier effort, s’il-te-plaît. » Tout est fini, le bébé est là, je coupe le cordon, l’enveloppe dans un lange et comprends très vite qu’elle ne veut pas le voir comme ça. Je demande alors à la puéricultrice de le préparer et d’en prendre soin, quand Tanwy m’agrippe le bras. « Dis-moi juste qu’il va bien. » « Oui, chérie, il va bien. Il va bien. Il a… juste quelques difficultés à respirer, on va l’aider. » Ce n’est souvent pas grand-chose, mais je crois que dans le cas de ce petit bonhomme, la surveillance doit être encore plus appliquée.

« Je suis fière de toi ma puce. » J’éponge le front de Tawny et l’embrasse sur la tempe. Je m’assure que tout le monde en prenne soin et me faufile discrètement dans la nurserie. Là, les nouvelles ne sont pas si bonnes. C’est un tout petit bébé, bien développé mais qui aurait mérité quelques semaines de plus. Quelques tremblements, dû au manque, sans doute, manque de quoi, il reste à déterminer. Je reste le temps nécessaire à ses côtés pour l’installer et m’assurer que tout aille bien pour lui. « Bonjour bonhomme. Comment tu te sens ? » Je caresse une de ses mains minuscules, au travers de la couveuse et augmente un peu la température de l’intérieur. Il est en hypothermie, à peine 36°C et je voudrais que ça remonte. Ses tremblements ne cessent et une fois le substitut passé en perf, ils s’arrêtent presque entièrement.

Tawny a été placée en chambre, elle dort, à peine, puisqu’elle se redresse à peine eu-je passé la porte de la chambre. «Il est en néonate, c’est la pièce où on met les bébés plus fragiles que les autres pour les surveiller. Pour l’instant il va bien, mais on le surveille. Il a fait une crise de manque. Qu’est-ce-que tu prenais ? Alcool, drogue ? Quel genre de drogue ? C’est important pour le sevrage. Ce n’est pas une grosse crise, mais on peut l’endiguer, le soigner, on a besoin de toi pour ça. » Je glisse à nouveau une main dans ses cheveux, je sens que sa crise à elle ne va pas tarder, à moi qu’elle ne soit trop épuisée pour le faire.
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Dim 12 Juin - 11:01


Elle me rassure, me dit qu’elle est là, qu’elle sera là. Je crois que ça me rassure, un peu du moins. J’en ai besoin, parce que je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. En fait non, c’est même une certitude. Je suis tétanisée et je ne sais pas comment je vais me sortir de ça. Mais je garde mon regard ancré dans celui d’Ellen, et lorsqu’elle baisse les yeux pour regarder le bébé, je garde quand même mes yeux sur elle, je pense à tout ce qu’elle fait pour moi, et j’exécute tout ce qu’elle me demande de faire. « Il est là, il arrive ma puce, un dernier effort, s’il-te-plaît. » Je continue de pleurer parce que ça fait un mal de chien, mais je sens que c’est la fin, et j’ai vraiment hâte que ça se finisse. Je me laisse tomber sur le lit une fois que c’est terminé et après avoir refusé d’avoir sur moi le bébé, je ferme les yeux, la tête qui tourne, et toujours l’envie de vomir qui ne me quitte pas. Ellen arrive et je la serre contre moi, lui demandant simplement si le bébé va bien. Pour le moment, c’est tout ce qui m’importe. « Oui, chérie, il va bien. Il va bien. Il a… juste quelques difficultés à respirer, on va l’aider. » Je hoche à peine la tête et la regarde une secone, je suis épuisée. « Je suis fière de toi ma puce. » J’esquisse un très faible sourire et la laisse repartir pour aller s’occuper du bébé que je viens de mettre au monde. Je ne me rends pas encore bien compte de ce que cela implique.

Les infirmières me ramènent dans une chambre et je crois que je me suis déjà endormie sur le chemin. Exténuée est encore un mot trop faible pour dire comment je me sens en ce moment même. Alors je me laisse emporter et quitte ce monde pour le monde du sommeil. Je ne sais pas combien de temps j’ai pu dormir mais j’entends du bruit, je sens le parfum d’Ellen et ouvre immédiatement les yeux, un peu, mais suffisamment pour la voir. « Il est en néonate, c’est la pièce où on met les bébés plus fragiles que les autres pour les surveiller. Pour l’instant il va bien, mais on le surveille. » Je hoche à peine à la tête et tente de me redresser un peu mais j’ai super mal au ventre. Je sais pas si ça va durer longtemps, mais c’est très désagréable. « Il a fait une crise de manque. Qu’est-ce-que tu prenais ? Alcool, drogue ? Quel genre de drogue ? C’est important pour le sevrage. Ce n’est pas une grosse crise, mais on peut l’endiguer, le soigner, on a besoin de toi pour ça. » Elle vient glisser sa main dans mes cheveux et je fronce les sourcils. Je n’aime pas parler de ça. Je fais un geste de recul pour qu’elle retire sa main. « Qu’est-ce que tu viens me faire chier avec ça ? Je viens d’accoucher et tu m’emmerde avec ce que j’ai pu prendre comme drogues ? Sérieusement ? » Et voilà, c’est reparti. Je ne peux pas rester calme c’est impossible. L’impulsivité et l’attaque comme arme défensive. Elle me fait comprendre par un simple regard que c’est important et je soupire, passant mes mains sur mon visage. « Pas trop d’alcool non. De la coke principalement et quelques pilules d’exta. » Je soupire une nouvelle fois, pas vraiment fière de moi, de toute ça. Mais après tout, ce qui est fait est fait. Je passe une main dans ma nuque, nerveusement. « J’ai rien repris depuis que je sais qu’il est là. » Mensonge. Il me restait un petit paquet de poudre dans mon sac et j’ai craqué il y a quelques jours. « Je pouvais pas savoir qu’il était là et que ça pouvait être dangereux pour quelqu’un d’autre que moi… ». Je me découvre soudainement parce que j’a chaud. « C’est normal que j’ai encore envie de vomir ? » Je me laisse tomber sur le matelas et ferme les yeux en essayant de respirer. « Pourquoi j’me sens mal là ? Ellen… J’me sens vraiment pas bien… » Je ferme fortement les yeux, les paumes sur ces derniers et je relève les genoux et je tourne la tête finalement dans son sens. « Ça veut dire quoi ? Qu’il va être drogué lui aussi ? » Rien n’a de sens dans mes raisonnements, j’ai l’impression de perdre la tête. C’est vraiment désagréable. J’espère qu’elle va pouvoir faire quelque chose pour moi parce que je vais vite perdre patience et tout envoyer bouler…

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Dim 12 Juin - 20:11



« Qu’est-ce que tu viens me faire chier avec ça ? Je viens d’accoucher et tu m’emmerde avec ce que j’ai pu prendre comme drogues ? Sérieusement ? » Je lui offre mon soupir le plus lasse et sans doute mon sourire le moins engageant, la forçant à répondre. Elle ne peut pas s’en sortir comme ça, plus maintenant qu’elle engage une autre personne, plus faible qu’elle, donc dépendante d’elle. Elle doit prendre les responsabilités qu’elle n’a pas demandées mais qui lui reviennent forcément. C’est comme ça qu’un adulte fonctionne, et elle en est une maintenant, tout du moins elle doit le devenir. « Pas trop d’alcool non. De la coke principalement et quelques pilules d’exta. » « Très bien. » Je ne ferais pas de commentaire, je pense que mon second soupire vise à dire combien elle me déçoit. Même sans se savoir enceinte, de la coke, de l’ecsta. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien avoir en tête ce jour-là ? Elle n’a pas vraiment conscience du danger, elle ne le connait pas, elle ne peut pas se soucier des conséquences puisque tout le monde fait ça selon elle. Et si ça rentre dans la normalité, alors pourquoi s’en inquiéter ?

« J’ai rien repris depuis que je sais qu’il est là. » « Mais tu en as pris tout le long de la grossesse ? A quand remonte ta dernière prise, Tawny ? » Je dois parler en tant que médecin, je la jetterais en tant qu’amie ensuite, on verra bien comme ça se profile mais je doute d’avoir de gentilles choses à lui dire. « Je pouvais pas savoir qu’il était là et que ça pouvait être dangereux pour quelqu’un d’autre que moi… » Sans doute, oui, mais déjà pour elle, elle devrait penser à avoir un peu plus de respect pour sa personne, mais comment le lui demander quand personne n’en n’a jamais eu pour elle ?

« C’est normal que j’ai encore envie de vomir ? Pourquoi j’me sens mal là ? Ellen… J’me sens vraiment pas bien… » « Allonge-toi, je t’apporte un peu d’eau. C’est peut-être dû à une mauvaise réaction à la péridurale. Tu as de la fièvre ? » Je pose une main sur son menton, oui, un peu. Elle tremble, aussi. Ce n’est pas la grippe, serait-elle en manque, elle aussi ? « Ça veut dire quoi ? Qu’il va être drogué lui aussi ? » « Oui, ça veut dire que pour le moment il l’est, et qu’il a besoin de sa dose, et on doit savoir de quoi il manque pour pouvoir le calmer, et je crois qu’on va devoir te calmer, toi aussi. » Elle est en pleine crise, non seulement de manque, mais aussi de panique. J’appelle une infirmière, et lui demande de lui administrer les doses qu’il faut pour endiguer la crise. Elle doit avoir un don cette gamine, pour ce qui est de se créer des emmerdes.

Je la laisse se calmer, et revient quelques heures plus tard, ayant la bonne formule pour soigner ce petit bonhomme que je tiens longuement entre mes bras. Je tente de le calmer, de l’apaiser, de le rassurer, c’est extrêmement important, non seulement pour le développement psychique, mais pour la guérison. L’amour et la présence peuvent faire des miracles sur des petits êtres de cette taille. Une fois assurée de son état, je pénètre à nouveau dans la chambre de Tawny. « Salut, toi. Ça va mieux ? » Je glisse une main dans ses cheveux et l’embrasse sur le front pour prendre sa température sans en avoir l’air. « On a un petit bonhomme sur la bonne voie qui n’attends qu’un prénom… »
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mar 14 Juin - 14:30


Je comprends par son regard que je n’ai pas le choix, que je dois lui dire, pour la santé du bébé. C’est important. Je ferme les yeux en soupirant et finis par lui avouer. Je ne suis pas particulièrement fière, même si après tout, j’en ai bien rien à foutre de ce qu’elle pense. « Très bien. » Je fronce un peu les sourcils. Elle me juge. Pour la première fois je sens le jugement dans ses yeux. Et je reviens sur ce que j’ai dit, je ne me fous pas de ce qu’elle pense. Je serre les mâchoires et essaie de me sortir de là du mieux que je peux, mais malheureusement, ça s’apparente à un mensonge. « Mais tu en as pris tout le long de la grossesse ? A quand remonte ta dernière prise, Tawny ? » Je frotte énergiquement mon visage. « J’en sais rien putain ! J’ai pas la notion de temps, j’ai pas de montre et la plupart du temps je ne sais même pas quel jour on est. Comment tu veux que j’le sache. Les jours se transforment en semaine et inversement. » Je soupire encore et me laisse tomber dans mon lit, les yeux vers le plafond. Ma vie est un réel cauchemar. Je lui dis quand même que je ne pouvais pas savoir qu’il était là. Et c’est vrai. Ça ne m’a pourtant pas empêché de replonger il y a quelques jours.

Volontairement je ne regarde pas Ellen, pour la première fois, j’ai presque envie qu’elle s’en aille. Je sens son jugement, sa colère. Mais d’un seul coup sans trop savoir comment ni pourquoi, je me sens bizarre. J’ai chaud, je tremble. « Allonge-toi, je t’apporte un peu d’eau. C’est peut-être dû à une mauvaise réaction à la péridurale. Tu as de la fièvre ? » Je me dandine un peu dans tous les sens sur la couverture, puis dessous, je dégage mes cheveux de mon visage et soupire, je transpire. J’ai chaud putain. Dans mon euphorie passagère, je demande quand même à Ellen ce que ça signifie, pour le bébé. « Oui, ça veut dire que pour le moment il l’est, et qu’il a besoin de sa dose, et on doit savoir de quoi il manque pour pouvoir le calmer, et je crois qu’on va devoir te calmer, toi aussi. » Je souffle un peu, essaie de me calmer, mais ce n’est pas une mince affaire. Je ne vois même pas Ellen partir, ni même une infirmière entrer que déjà je sombre dans un profond sommeil.

A mon réveil, je suis encore un peu dans les vapes, j’ai l’impression de planer un peu. Je ne sais pas ce qu’ils m’ont filé mais c’est efficace. Dans cet état, je suis tout bonnement incapable d’envoyer chier quelqu’un. Quoi que. Ellen entre dans ma chambre et je tourne la tête pour la regarder qui s’approche. « Salut, toi. Ça va mieux ? » Encore des gestes tendres. Je ne sais pas ce que j’ai mérité pour avoir tout ça. Je ferme les yeux lorsqu’elle pose ses lèvres sur mon font et les réouvre pour la regarder. « On a un petit bonhomme sur la bonne voie qui n’attends qu’un prénom… » Je hausse très légèrement les épaules. « J’ai pas envie de lui donner un prénom. Je veux pas le garder. » Je ne l’ai même pas vu, même pas touché. Mais je suppose que c’est encore le mieux. « Tu me diras quels papiers je dois signer pour qu’il ait une vraie famille. » Je sais qu’elle n’a rien le droit de dire, que depuis le début elle essaie de me faire prendre conscience de certaines choses. Mais je crois que ma décision est prise, pour de bon. Je baille un peu et la regarde à nouveau. « Je crois que j’ai encore besoin de dormir. » J’ai surtout besoin d’être seule. J’adore Ellen, sûrement même un peu trop puisque je sais qu’un jour je vais devoir me séparer d’elle, comme de tous les autres avant elle. Peut-être que je dois commence à mettre de la distance entre nous. Elle quitte la chambre et j’essaie de me rendormir, en vain.

C’est au bout d’une bonne heure que je décide de quitter mon lit. Je vais prendre une douche, sentant les sensations de mes jambes revenir doucement bien qu’elle soient encore un peu cotonneuses. J’enfile un jogging et je reste en chaussettes, avec ma blouse verte moche. Je ne sais pas si j’ai le droit, mais j’ai besoin de prendre un peu l’air alors je sors de ma chambre, balayant le couloir du regard pour vérifier qu’Ellen n’est pas là pour venir m’engueuler. J’erre dans les couloirs, et m’arrête sans le vouloir devant une immense salle où plusieurs bébés sont allongés dans des boîtes transparentes. Une femme s’adresse à moi alors que mon regard se pose sur Ellen qui entre dans la pièce. « Le vôtre est né prématuré aussi ? » Je tourne la tête vers la jeune femme à mes côtés et croise mes bras avant de reposer mon regard sur les bébés, et surtout sur Ellen qui déambule entre les couveuses. « Oui. » « Vous savez où il est ? » Bien sur que non. Je n’ai même encore jamais vu la tête qu’il avait. Et puis Ellen prend dans ses bras un petit bébé, tout petit. Elle le garde avec elle, le berce, elle semble même lui parler. Mon coeur bat un peu plus fort et sans trop savoir pourquoi, je sens. « C’est celui qui est dans les bras du Dr Hamilton. » « Elle est géniale, c’est aussi elle qui s’est occupée de mon accouchement. Mais je ne pensais pas qu’elle suivait les bébés d’aussi près. Généralement c’est le travail des puéricultrices. » Je hoche la tête et ne quitte pas de mes yeux Ellen et ce bébé qu’elle tient dans ses bras. Mon bébé. On dirait le sien. « C’est normal, c’est le sien. » « Le sien ? Je ne comprends pas… elle va adopter votre bébé ? Ou c’est.. votre compagne ? » Je tourne la tête cette fois vers elle alors que mon cerveau court à toute allure. Ma compagne ? Même si j’avais voulu y penser, je n’aurai jamais dit un truc comme ça, ni même l’imaginer. Mais au final, c’est plutôt une idée marrante. J’esquisse alors un sourire. « Vous m’excusez, je vais aller voir ma femme et mon fils ! » Je m’en amuse, mais l’idée qui germe dans ma tête à cet instant précis est bien plus présente que je ne le voudrais. J’entre dans la salle et un homme m’arrête. « Mademoiselle je peux vous aider ? » « Je voudrais voir mon bébé. » « Votre nom s’il vous plait. » « Kowalski. » Ellen me voit de loin et dit à son collègue que c’est bon, et j’approche, doucement alors qu’elle tient mon bébé dans ses bras. Mes yeux s’humidifient à mesure que j’approche, mon regard jonglant entre Ellen et le bébé que je ne vois pas encore assez bien. Mais une fois tout près, je peux le regarder vraiment. Il est minuscule. « Il est mignon ! » Je ris un peu bêtement alors que des larmes coulent sur mes joues sans que je ne m’en rende compte. « Salut petit bonhomme.. » Je viens approcher mon doigt de sa petite main pour caresser ses minuscules doigts.

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mar 14 Juin - 15:51



« J’ai pas envie de lui donner un prénom. Je veux pas le garder. » Elle est en plein déni, je le comprends, mais elle va devoir faire un choix, à un moment donné, qui lui fera du mal sur le coup et peut-être même sur le long terme, mais ce sera au moins son propre choix. Je ne peux pas lui dire comment faire, ni lequel faire, c’est une décision qui n’appartient qu’à elle, et je ne tiens pas à intervenir là-dedans. A vrai dire, je ne devrais même pas en être aussi proche, je ne devrais même pas avoir eu à l’accoucher, mais j’avais comme le sentiment que cette tâche m’incombait parce que moi seule aurait pu la rassurer comme il l’aurait fallu. « Tu me diras quels papiers je dois signer pour qu’il ait une vraie famille. » « Oui. Tu es sûre de toi ? Tu peux encore y réfléchir quelques jours ma puce. » Je ne veux pas qu’elle prenne de décision trop hâtive. Une fois les papiers signés, impossible de revenir en arrière. Je ne tiens pas à ce qu’elle regrette une foutue signature qu’elle arrive à peine à faire, pour le restant de ses jours. « Je crois que j’ai encore besoin de dormir. » « Repose-toi, mais réfléchi. » Je glisse une main sur son bras et la laisse à ses pensées, et à son sommeil. Parfois, le sommeil est une façon de se cacher, de se planquer, et une bonne façon de ne penser à rien. Ça ne peut pas lui faire de mal, sauf qu’elle ne pourra pas reculer encore longtemps.

Je prends sur mon temps de repos pour aller voir le petit bonhomme de Tawny. Je ne peux pas encore lui donner de prénom, mais je n’en perds pas moins de l’intérêt que je lui porte. Il est tout seul, absolument tout seul, et plein d’angoisses. C’est un bébé en manque, un bébé qu’on soigne mais un bébé qui manque de tout. De parents, d’attention, de sa dose, de nourriture, de maturité. C’est un bébé qui souffre, tout simplement. J’enfile une surblouse rose, comme il est d’usage à l’étage de la maternité et pénètre dans l’espace réservé à ces petits êtres tout [color=#ff9900]juste venus au monde. Naturellement, le premier bébé dont je m’enquis est celui de Tawny. « Bonjour mon grand. » Je pose une main sur la sienne, toute frêle. Il est tout petit, tellement petit qu’on pourrait le prendre pour un prématuré de 7 mois. Je sais qu’il a faim, il commence à pleurer. Je fais rapidement le tour de mes petits patients, sans en négliger aucun et reviens près du petit garçon. Je fini par le prendre dans mes bras, pour le calmer. « Chut… C’est fini mon grand, ça arrive. » J’ai demandé à une puéricultrice de faire chauffer un biberon. Le temps qu’il ne me parvienne, je le berce, dans toute la pièce, et à ma grande surprise, j’aperçois Tawny à l’entrée de la néonate. Je fais signe au vigile de la laisser entrer et sourit à Tawny, que je sens on ne peut plus émue. «Regarde mon cœur, qui c’est ? » Je ne pourrais encore trop lui donner de rôle mais je crois que quelque-chose vient de se passer. « Il est mignon ! » Je la regarde faire avec lui, sauf qu’il meurt de faim et qu’il commence à s’agiter. « Salut petit bonhomme.. » « Il a très faim, tu veux t’en occuper ? » L’infirmière revient avec un biberon qu’elle me tend. Je propose à Tawny de s’asseoir dans un fauteuil et le lui dépose doucement dans les bras, caressant sa joue minuscule de mon pouce et la laisse prendre ses marques. « Passe doucement la tétine sur ses lèvres. » Je la regarde faire, elle s’en sort bien mieux qu’elle ne le pense. «[color=#ff9900]Tu t’en sors très bien. N’aie pas peur d’incliner un peu le biberon. » Je m’installe à côté d’elle et les observe, tous les deux. «Tu ne veux toujours pas lui donner de prénom ? » Passant ma main sur son bras. Plein de bracelets, comme une adolescente. Ceux visant à cacher ses marques et ses cicatrices.
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mar 14 Juin - 18:29


Lorsque je m’approche, Ellen est en train de le bercer pour ne pas qu’il pleure. « Regarde mon cœur, qui c’est ? » Je m’approche un peu plus, doucement, ne lâchant pas le nouveau-né des yeux. J’ai du mal à croire qu’il est sorti de moi, qu’il a mon sang qui coule dans ses veines, et que peut-être un jour il me ressemblera. Mon coeur se met à battre plus vite alors que j’essaie de m’adresser à lui, prenant une voix douce que je n’ai que très peu emprunté. « Il a très faim, tu veux t’en occuper ? » Je lève les yeux vers Ellen, elle me demande de m’en occuper ? Ça veut dire quoi ? Le prendre dans mes bras ? Lui donner à manger ? Et si je le faisais tomber, et si il pleurait une fois dans mes bras. Un vent de panique me balaye et je regarde le biberon qui arrive. Ellen me fait signe de m’installer dans un fauteuil et après une petite hésitation, je m’exécute. Mon coeur bat toujours aussi fort et aussi vite, j’ai tellement peur de ne pas être à la hauteur. Je n’ai jamais tenu un enfant dans mes bras, alors un bébé qui vient de naître, n’en parlons pas. Doucement, Ellen dépose le bébé dans mes bras, je tremble un peu mais je souffle légèrement pour essayer de ne pas me laisser gagner par le stress. Je tente de trouver une position convenable pour libérer une de mes mains, celle qui n’entoure pas le frêle corps du bébé. Je hisse mes jambes sur la pointe des pieds pour relever mes genoux et avoir un appui supplémentaire pour le garder tout près de moi. « Passe doucement la tétine sur ses lèvres. » Ellen s’agenouille devant moi comme pour me rassurer, me faire comprendre qu’elle est là s’il se passe quoi que ce soit, et je crois que ça me rassure. En fait, j’en suis même sûre. Les yeux rivés sur le petit bonhomme, je fais comme elle a dit et fais glisser tout doucement sur ses lèvres minuscules, ce qui le fait ouvrir la bouche instantanément. Je ris légèrement en le voyant tirer sur la tétine comme un petit fou. C’est mignon quand même. « Tu t’en sors très bien. N’aie pas peur d’incliner un peu le biberon. » Je m’exécute et relève les yeux vers Ellen pour vérifier que je fais tout comme il faut. Un signe de tête et me voilà rassurée. Mon regard parcourt la peau pâle du petit homme. Il a l’air tellement doux. Chaque détail est passé au laser de mon regard, de la longueur de ses cils à ses doigts qui bougent tout seul tellement il semble apprécier le biberon qu’il avale à une vitesse folle. « Tu ne veux toujours pas lui donner de prénom ? » Je tourne la tête pour regarder Ellen, puis je repose mon regard sur le bébé. « Crevette. » Je ris légèrement ce qui fait ouvrir un peu plus grand les yeux du bébé, qui semble regarder dans ma direction. « Il voit comment à cet âge là ? » J’évite soigneusement la question d’Ellen parce que pour le moment je ne suis pas encore prête à m’attacher à lui, même si j’ai bien peur qu’il soit trop tard. De ma main qui ne tient pas le biberon, je caresses ses petites jambes du bout de mon pouce et le regarde encore, de tout son long. C’est fascinant ce que la nature peut bien faire. J’arrive pas à croire qu’il est sorti de moi, qu’il y a encore une poignée d’heures il était encore en moi, sous ma peau, liés par un cordon. C’est fou. Le biberon se finit plus vite que je ne l’aurai imaginé et je lui retire de la bouche pour le donner à Ellen. « Je dois faire quelque chose maintenant ? » Je replace un peu mieux le petit garçon dans mes bras et caresses sa petite main. Elle m’explique qu’après son repas il doit faire un petit rot parce qu’il avale forcément de l’air avec le biberon. Elle m’aide à placer correctement bébé contre moi, sa petite tête presque dans mon cou, et m’incite à me lever pour marcher un peu avec lui, en gardant bien une main sous ses fesses pour le soutenir et une autre entre sa tête et son dos pour le maintenir. Je m’applique, ne voulant pas faire mal, et marche un peu tout en le gardant contre moi. Je mentirai si je disais que la sensation n’est pas plaisante. Et puis au bout de quelques minutes, j’entends un petit bruit qui me fait rire. Je suppose que c’était le fameux rot. « Et ensuite ? Il doit dormir encore ? Les bébés ça dort beaucoup non ? » Je me rassieds dans le fauteuil et le plus doucement du monde je le réinstalle comme un peu plus tôt, calé dans la pliure de mon bras, entre ce dernier et mon ventre qui sert d’appui. « Je peux le rendormir ? » Je relève la tête vers Ellen qui me sourit et qui semble même émue. Je ne me rends pas compte de ce qu’il se passe, je le vis, simplement. Je berce le bébé pendant plusieurs minutes, ma respiration est plus calme, plus sereine, et il ne tarde pas à se rendormir, comme prévu. « Léo, je trouve que ça lui va bien. Tu aimes ? » J’ai dit ça dans un murmure et je tourne la tête une fois encore vers Ellen, un mince sourire au coin des lèvres. Je ne sais pas si ça veut dire que je change d’avis. Mais pour l’instant, je suis juste bien, là, avec lui, avec elle.

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Mar 14 Juin - 21:42



« Crevette. » Je ris, avec douceur, et sincérité. «C’est très joli mais j’ai peur qu’il ait quelques soucis d’intégration à l’école… » Rajoutais-je d’une voix douce, tout près d’eux. J’ignore encore ce qu’elle peut avoir en tête mais je me doute qu’elle ne pense pas comme une adulte, on ne peut pas, face à une merveille pareille, avoir un avis objectif. C’est un très beau bébé. Ses traits sont fins, ses yeux sont d’un bleu impressionnants, et même s’il manque de poids, il finira par se remplumer et devenir le plus beau bébé du monde. Toute objective que je sois. « Il voit comment à cet âge là ? » «Très mal chérie, il distingue à peine les formes et les couleurs. C’est le son de ta voix qu’il cherche. » Je la vois chercher à comprendre depuis tout à l’heure, chercher à capter son attention, comme une mère le ferait. Jeune maman certes, et non préparée, mais c’est une maman quand même. Elle s’intéresse à lui, à son sort, avec un coup de pouce, elle pourrait devenir la meilleure maman qui soit pour lui. Parce que ce sera la sienne. Il lui suffit de se sortir de tout ça.

« Je dois faire quelque chose maintenant ? » «Oui, lui faire faire son rot, c’est important pour qu’il n’ait pas mal au ventre. » Je lui dispose une petite serviette sur l’épaule pour prévenir toute régurgitation intempestive et la laisse faire, marchant tout près d’elle, accompagnant ses pas, elle a besoin de soutient elle aussi, comme d’une barrière pour savoir quel chemin suivre. Ce moment se passe de paroles, comme tous ceux que je vois depuis tout à l’heure, je suis fière d’elle, sincèrement, et émue, sans doute aussi, un peu trop. « Et ensuite ? Il doit dormir encore ? Les bébés ça dort beaucoup non ? » « Oui, il a besoin de dormir, au moins 20 h par jour pour son âge. Mais étant donné son état, il a besoin d’encore plus. » Etant donné son poids, son passif et sa condition, il a besoin de tout le repos qui soit. Elle se réinstalle presque naturellement, son fils dans les bras. « Je peux le rendormir ? » «Bien sûr, c’est ton fils ma grande. » Je glisse une main sur la sienne, et m’accroupi près d’eux. « Tourne le légèrement sur le ventre, pour prévenir les coliques. C’est quelque-chose de très fréquent chez les bébés, ne t’en fais pas. » Je la sens très à l’écoute mais aussi très inquiète.

« Léo, je trouve que ça lui va bien. Tu aimes ? » « J’aime beaucoup. Félicitations… » Je n’ai pas eu l’occasion de le lui dire. Je suis émue, je retiens la larme qui menace de couler sur ma joue, jusqu’à ce qu’elle n’en fasse qu’à sa tête et que je finisse par la laisser faire. Je l’essuie pudiquement et passe mes bras autour de Tawny, derrière elle. « Tu te rends compte que c’est toi qui a fait cette merveille ? » Chuchotais-je doucement à son oreille. Une mèche de mes cheveux tombant sur mon visage.
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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Sam 18 Juin - 18:43


Je souris d’entendre le rire d’Ellen à mes bêtises. Je pensais que je ne me sentirai pas bien, pas à l’aise avec ce bébé dans les bras, mais il en est visiblement tout autre. Je ne suis pas tout à fait sereine encore mais peut-être que ça viendra. En attendant, je ne cherche pas à comprendre, je fais juste ce qu’Ellen me dit de faire, parce que mon instinct n’est pas encore là, du moins, je ne crois pas. Je reste là à regarder ce petit être vivant minuscule, et j’ai l’impression qu’il me voit. Je veux dire, pas comme nous voyons nous, mais je ne sais pas comment l’expliquer. « Très mal chérie, il distingue à peine les formes et les couleurs. C’est le son de ta voix qu’il cherche. » Je ne la regarde pas, écoutant simplement sa voix qui me guide. Exactement comme ma voix est censée guider de petit gars. Mais du coup, je ne sais pas quoi lui dire. Alors je ne dis rien, par peur sûrement de me sentir un peu bête. J’ai toujours trouvé ridicules les mères qui parlent à leur enfant comme si c’étaient des abrutis finis. Ils sont pas abrutis, ils ont juste pas encore leur cerveau bien constitué. Enfin, je crois que c’est un truc comme ça. Je demande à Ellen si je dois faire quelque chose et elle m’indique comment lui faire faire son rot. Ce n’est pas simple et je regarde toujours Ellen, régulièrement, comme pour avoir son approbation, être sûre que ce que je fais est bien, que je le tiens correctement… Une fois le petit rot entendu, ce qui m’amuse assez, je viens encore poser une question à Ellen, je ne sais pas si c’est que je m’intéresse à tout ça, à lui, ou si c’est simplement que je veux faire les choses bien, même si ce n’est pas pour longtemps. Peu importe après tout, je n’y pense pas, je ne pense pas au futur. « Oui, il a besoin de dormir, au moins 20 h par jour pour son âge. Mais étant donné son état, il a besoin d’encore plus. » 20h ? Je la regarde en écarquillant légèrement les yeux, surprise de sa réponse. Je savais qu’ils avaient besoin de sommeil mais là c’est toute la journée quoi. Chanceux va. « Bien sûr, c’est ton fils ma grande. » Mon fils. Dit comme ça, ça a quelque chose de vraiment bizarre, et un léger vent de panique vient s’emparer de moi. Il est mignon, mais ai-je vraiment envie qu’il soit mon fils ? Je veux dire, en dehors du fait qu’il le soit par le sang. « Tourne le légèrement sur le ventre, pour prévenir les coliques. C’est quelque-chose de très fréquent chez les bébés, ne t’en fais pas. » Mon regard jongle entre le bébé et Ellen qui s’est accroupie pour m’aider à mieux me positionner, et surtout le positionner. Je m’inquiète de ce qu’elle dit même si je ne comprends pas grand chose. Et puis les minutes passent, et en le berçant très légèrement, il s’endort, paisiblement on dirait. Je ne le lâche pas des yeux et demande à Ellen ce qu’elle pense du prénom Léo. « J’aime beaucoup. Félicitations… » Je la regarde un peu surprise, pas tellement sûre de la signification du dernier mot qu’elle ait prononcé. Oh bien sûr, je sais ce que c’est de féliciter quelqu’un. Mais elle le dit pour le fait que je l’ai mis au monde, le fait que je l’ai endormi, ou elle croit que je vais le garder ? J’essaie de ne pas trop réfléchir mais je vois une larme couler sur la joue d’Ellen. Je la regarde, essayant de comprendre, et elle vient passer ses bras autour de moi, m’enveloppant d’une chaleur agréable. « Tu te rends compte que c’est toi qui a fait cette merveille ? » Je repose les yeux sur le bébé et souris légèrement, lui répondant toujours en chuchotant. « C’est vrai qu’il est mignon. » J’ai du mal à prendre assez de recul pour savoir s’il est plus beau que les autres. Du moment qu’il a deux bras et deux jambes, que ses organes fonctionnent, je suppose que c’est encore le principal. Les minutes passent et je finis par m’endormir sur le fauteuil, le bébé dans mes bras.

C’est les pleurs de Léo qui me réveillent presque en sursaut. Ellen n’est plus là, et un vent de panique souffle sur moi. J’essaie de le bercer un peu et cherche autour de moi Ellen des yeux, mais il n’y a que cette dame en blouse blanche qui approche. « Ellen, le Dr Hamilton, elle est où ? » « Ne paniquez pas Melle Kowalski, tout va bien, elle est partie travailler quand vous vous êtes endormie avec votre fils. » « Pourquoi il pleure ? » Je regarde Léo puis l’infirmière ou je sais pas quoi, toujours aussi paniquée. « Prenez-le, prenez-le ! » Elle vient récupérer le bébé de mes bras et je me lève pour quitter cette pièce presque en courant pour rejoindre ma chambre. Mon coeur bat à une vitesse folle et je ne sais pas quoi penser, quoi faire. J’hésite un court instant et appuie sur le bouton d’appel. Ellen m’avait promis de venir quand je l’appelais, parce que c’était moi. Et elle ne tarde pas à arriver en courant, le regard paniqué. A l’instant où je la vois, je fonds en larmes. Trop d’émotions je crois. Elle s‘approche et vient me prendre dans ses bras, me suppliant de lui dire ce qu’il se passe. « Il s’est réveillé en pleurant, j’ai eu peur, j’ai paniqué, je savais pas quoi faire et t’étais pas là. J’ai eu peur… » Je pleure comme un bébé, la serrant plus fort contre moi pour arriver à me calmer, parce que définitivement, elle est la seule personne à avoir ce pouvoir sur moi.

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MessageSujet: Re: rien n'est éternel [Tawlen]   Lun 20 Juin - 19:26



Tawny s’est endormie, avec son fils dans les bras. Léo, je trouve qu’il a une bouille à le porter. Beaucoup diront que ça n’a aucun rapport mais je pense que le prénom peut définir une personne. Léo, c’est un prénom court, simple, avec une vraie signification, que je chercherais avec Tawny, encore une façon de l’impliquer dans la vie de son petit bout. Je me demande comment elle peut le confier à des inconnus. Je ne pourrais pas, pas un si beau petit garçon et je me rends compte ne pas être objective. Pourtant, il n’est pas à moi ce bébé, et je n’ai même pas pu assister à sa grossesse, mais qu’importe, après tout, pourquoi pas.

Je repars sur le pont, dans mon service, les choses n’attendent pas et si je sais Tawny en sécurité, je sais que j’aurais l’esprit tranquille pour travailler. J’ai demandé à l’infirmière et à la puéricultrice de me prévenir en cas de besoin. Elle dort plusieurs heures tandis que mon collègue m’offre un café, amplement mérité, mais entre deux portes, face à la machine à café. Mais mon bipper se manifeste. « Merde, excuse-moi, je dois y aller. » Je jette mon gobelet, et note le nom sur l’écran de mon téléphone. C’est la chambre de Tawny. Mon cœur rate un battement, décharge d’adrénaline. J’ai tellement l’habitude des urgences que ça ne me fait plus cet effet, mais pour elle… J’accours jusqu’à sa chambre. «Quoi, c’est Léo ?! » Elle se jette dans mes bras, et je l’enserre des miens, et caresse doucement ses cheveux. « Il s’est réveillé en pleurant, j’ai eu peur, j’ai paniqué, je savais pas quoi faire et t’étais pas là. J’ai eu peur… » « Je suis là maintenant chérie. Les bébés pleurent, c’est normal, ça ne veut pas dire que tu aies fait une erreur, d’accord ? » Je dépose un baiser sur sa tête et ne la lâche pas, elle a besoin de pleurer, ça lui fait du bien, elle ne craque jamais si ce n’est en hurlant. Et puis je pense qu’un soupçon de baby blues se mêle à tout ça. « Il va bien, ma puce. Pourquoi tu as si peur ? Tu t’en sors comme une chef, tu fais tout ce qu’il faut. Tu ne le comprendras pas toujours, même grand, mais ça n’enlève rien à l’importance que tu as pour lui, tu m’entends ? » Je relève son menton vers moi, essuie ses larmes de mes pouces et l’embrasse tendrement sur le haut de la joue, avant de lui refaire un câlin de plus. «Tu veux qu’on aille le voir ? »

J’obtiens son accord et nous retrouvons la néonate, nous restons derrière la vitre, et je l’entoure de mes bras. «Tu vois, il va bien. Ça te rassure ? » Il ne dort pas cependant, il se contente de râler, de pleurer, de s’arrêter, de s’énerver et de se rendormir, pendant au moins les dix minutes durant lesquels nous restons en retrait. « Il n’a ni faim, ni besoin d’être changé, par contre, il a sans doute besoin de toi… Les bébés pleurent aussi quand on leur manque. »
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